[ Video: Yes we can, Various artists ]
[[ Juste parce que c'est un des seuls trucs positifs que nous auront dans nos tristes vies en 2008... ]]
Je suis généralement peu touchée par le charisme que dégagent certaines personnes. Je ne suis pas directement concernée, contrairement à 300 millions de personnes sur cette Terre. Je supporte assez peu l'exuberance et l'infantillisme du peuple américain...
Mais cet homme-là, a reussi à me faire pleurer devant mon écran de télé à 6 heures du matin... Pleurer d'espoir, de combats et de luttes qui ne me toucheront jamais, moi petite française blanche, mais qui me touchent en temps qu'être humain.
Et malgré tout cet espoir, on interdit le mariage aux gays en Californie... Spirits change, but not minds. Yes We Can
"Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir.
C'est la réponse donnée par les queues qui se sont formées autour des écoles et des églises, d'une ampleur jamais vue dans notre pays, par les personnes qui ont patienté trois, quatre heures, dont un grand nombre votaient pour la première fois de leur vie, parce qu'elles pensaient que cette fois-ci devait être différente et que leur voix pourrait représenter cette différence.
C'est la réponse donnée par des jeunes et des vieux, des riches et des pauvres, des démocrates et des républicains, des Noirs, des Blancs, des Hispaniques, des Asiatiques, des Amérindiens, des homosexuels, des hétérosexuels, des handicapés et des non-handicapés. Par des Américains qui ont montré au monde que nous n'avons jamais été une simple collection d'individus, ou un simple ensemble d'États rouges (républicains) et bleus (démocrates).
Nous sommes, et serons toujours, les États-Unis d'Amérique.
C'est la réponse qui a incité ceux en qui tant de gens avaient, pendant si longtemps, instillé le cynisme, la peur et le doute quant à ce qu'il leur était possible de réaliser, à saisir l'arc de l'histoire pour le tendre en direction d'un lendemain meilleur.
L'attente a été longue, mais ce soir, à cause ce que nous avons fait ce jour-ci lors de cette élection, l'Amérique a connu ce moment déterminant du changement.
[...]
Mais surtout, je n'oublierai pas à qui cette victoire appartient vraiment. C'est à vous qu'elle appartient.
Je n'ai jamais été le candidat le plus probable pour ce poste. Nous avons démarré avec peu d'argent et peu d'appui. Notre campagne ne s'est pas forgée dans les coulisses de Washington. Elle a débuté dans les arrière-cours de Des Moines, dans les salles de séjour de Concord et sur les vérandas de Charleston. Elle s'est construite sur les contributions d'hommes et de femmes qui ont puisé dans leurs maigres économies pour donner 5, 10 ou 20 dollars à notre cause.
[...]
C'est votre victoire.
Et tout cela, vous ne l'avez pas fait rien que pour gagner une élection. Je sais que vous ne l'avez pas fait pour moi. Je sais que vous l'avez fait parce que vous comprenez l'énormité de la tâche qui nous attend. Car alors même que nous faisons la fête ce soir, nous savons que les défis qui nous attendent sont les plus grands de notre temps - deux guerres, une planète en péril, la pire crise financière depuis un siècle.
[...]
Le chemin sera long. La montée sera rude. Nous n'y arriverons peut-être pas en un an, ni même en un mandat. Mais nous n'avons jamais été si persuadés que ce soir d'y arriver.
Je vous le promets, ensemble nous y arriverons.
Il y aura des reculs et des faux départs. Il y a des gens qui ne seront pas d'accord avec chaque décision que je prendrai en tant que président. Et nous savons que le gouvernement ne peut pas résoudre tous les problèmes.
Mais je serai toujours honnête avec vous au sujet des défis que nous devons relever. Je vous écouterai, tout particulièrement lorsque nous ne serons pas d'accord. Et, par-dessus tout, je vous demande de vous joindre à l'½uvre de reconstruction de cette nation, comme elle se poursuit chez nous depuis 221 ans - quartier par quartier, brique par brique, et à la sueur du front.
Ce qui a commencé il y a 21 mois au c½ur de l'hiver ne s'achève pas en cette soirée d'automne.
La victoire à elle seule ne constitue pas le changement que nous recherchons. Elle ne nous apporte que la possibilité d'opérer ce changement. Et cela ne pourra pas se faire si nous continuons comme avant.
Cela ne pourra pas se faire sans vous, sans un nouvel esprit de service, de sacrifice.
Imprégnons-nous, alors, de ce nouveau sentiment de patriotisme et de responsabilité, par lequel chacun d'entre nous décide de participer davantage, de travailler encore plus dur et de penser non seulement à soi-même, mais aussi aux autres.
[...]
Dans ce pays, nous nous élevons et nous chutons ensemble, comme un seul peuple. Résistons à la tentation du retour aux vieilles querelles politiques, à la mesquinerie et à l'immaturité qui empoisonnent notre vie politique depuis trop longtemps.
[...]
À tous ceux qui nous observent ce soir au-delà de nos rivages, depuis leur parlement ou leur palais, comme à ceux qui nous écoutent, serrés autour d'une radio, dans les coins les plus oubliés du monde, je leur dis : nous avons chacun une histoire particulière, mais aussi un destin commun, et l'aube d'une direction américaine nouvelle est apparue.
À ceux qui voudraient détruire le monde, je leur dis : nous vous vaincrons. À ceux qui recherchent la paix et la sécurité, je leur affirme : nous vous soutiendrons. Et à tous ceux qui se demandent si le phare de l'Amérique brille aussi fort que jamais, nous avons montré ce soir, une fois de plus, que la véritable force de notre pays provient non pas de la puissance de ses armes ou de l'abondance de ses richesses, mais du pouvoir durable de ses idéaux : la démocratie, la liberté, l'égalité des chances et l'espoir inébranlable.
Tel est le véritable génie de l'Amérique : sa capacité de changement. Notre union peut se parfaire. Ce que nous avons déjà accompli nous donne de l'espoir en vue de réaliser ce que nous pouvons et devons réaliser demain.
Cette élection est émaillée de faits inédits et de récits dont on parlera pendant des générations. Il en est un, cependant, qui me tient à c½ur ce soir, au sujet d'une femme qui a déposé son bulletin de vote dans une urne d'Atlanta. Elle est semblable aux millions d'autres personnes qui ont fait la queue pour exprimer leur choix lors de cette élection, à ceci près : Ann Nixon Cooper a 106 ans.
Elle est née une génération seulement après l'esclavage, à une époque où il n'y avait ni automobiles sur la route ni d'avions dans les airs, à une époque où une personne comme elle ne pouvait pas voter, pour deux raisons : parce qu'elle était une femme et à cause de la couleur de sa peau.
Ce soir, je songe à tout ce qu'elle a vécu au cours de son siècle parmi nous : la douleur et l'espoir ; la lutte et le progrès ; les moments où on nous disait : non, vous ne pouvez pas, alors que d'autres ne cessaient de proclamer le credo américain : Oui, nous le pouvons.
À une époque où les femmes étaient réduites au silence et leurs espoirs anéantis, elle les a vues se lever pour prendre la parole et tendre la main vers les urnes. Oui, nous le pouvons.
Alors que le pays tout entier désespérait sous l'emprise du dust bowl et de la dépression économique, elle a vu cette nation vaincre la peur grâce au New Deal, aux nouveaux emplois et au sentiment renouvelé d'un objectif commun. Oui, nous le pouvons.
Lorsque les bombes ont plu sur un de nos ports (référence à Pearl Harbor) et que la tyrannie a menacé le monde, elle a assisté à la mobilisation d'une génération qui s'est couverte de gloire en sauvant une démocratie. Oui, nous le pouvons.
Elle était là pour les bus de Montgomery, pour les lances à eau de Birmingham, pour un pont à Selma, et pour un prédicateur d'Atlanta qui proclamait au peuple : « We shall overcome » (nous surmonterons). Oui nous le pouvons.
Un homme a débarqué sur la lune, un mur s'est effondré à Berlin, une communication mondiale s'est instaurée par notre science et notre imagination.
Et cette année, en cette élection, elle a touché du doigt un écran d'ordinateur pour voter, car après 106 ans de vie parmi nous, après avoir vécu dans les temps les meilleurs comme aux heures les plus sombres, elle sait exactement comment notre pays peut se transformer.
Oui, nous le pouvons.
Amérique, nous sommes arrivés si loin, nous avons vu tant de choses ! Mais il reste encore tant à faire. Alors, ce soir, posons-nous la question : si nos enfants vivent jusqu'au siècle prochain, si mes filles ont la chance de vivre aussi longtemps qu'Ann Nixon Cooper, quel changement verront-ils ? Quel progrès aurons-nous réalisé ?
C'est maintenant l'occasion de répondre à l'appel. Le moment nous appartient.
C'est à nous, maintenant, de remettre notre peuple au travail et d'ouvrir les portes de l'avenir à nos enfants ; de rétablir la prospérité et de promouvoir la cause de la paix ; de renouer avec le rêve américain et de réaffirmer une vérité fondamentale, à savoir qu'à partir de notre multiplicité, nous ne formons qu'un seul peuple et que, tant que nous respirerons, nous espérerons. Là où nous rencontrerons le cynisme et le doute, ces gens qui nous disent que nous ne pouvons pas, nous leur répondrons par cette conviction éternelle qui résume l'esprit d'un peuple : si, nous le pouvons."
Barack Obama
44ème président des Etats-Unis
Discours du 4 novembre 2008
Chicago, Illinois.